Les rapports politiques entre le deux pays se sont refroidis lorsque l’Italie s’est prononcé en faveur des sanctions internationales contre la Russie. Quant aux rapports économiques les deux pays sont en fort croissance selon les derniers données. En effet l’export italien a augmenté de 13% par rapport à l’année dernier et aujourd’hui le « Made in Italy » réalise un volume d’affaire de 10 milliards d’Euros
Ces chiffres ont poussé le gouvernement italien, suivi par la France et l’Allemagne, à demander la réduction des sanctions économiques afin de récupérer la part de marché qui a été inévitablement perdue après l’application des droits de douane à Moscou.
Mais comment les entreprises italiennes ont-elles réussi à surmonter les barrières imposées par les sanctions internationales?

La réponse se trouve dans l’analyse de la coopération entre les entreprises italiennes et le gouvernement russe. Les entreprises italiennes ont en effet exploité la nouvelle réglementation russe sur les allégements fiscaux mis en place dans les différentes zones économiques spéciales que possède la Russie (le gouvernement russe, notamment par la loi 488/2014, a décidé que les entreprises étrangères devaient employer du personnel qualifié local et que, en cas de différences minimales en termes de prix et de qualité, les pouvoirs publics doivent accorder la priorité à un produit russe plutôt qu’à un produit étranger). Ces actions ont permis aux entreprises de révolutionner la façon de produire en passant du véritable Made in Italy, c’est-à-dire du produit entièrement emballé en Italie, au Made With Italy. Le Made With Italy permet en effet de produire directement sur place, avec la main-d’œuvre locale à des prix avantageux. À cela s’ajoute un rapport culturel et touristique de plus en plus étroit qui a permis une intensification des relations économiques entre les parties. Un exemple important de la façon dont le Made With Italy fonctionne est l’ouverture d’Eataly à Moscou.
La différence entre le Made in Italy et le Made With Italy réside dans le fait que, dans le « Made With Italy » les matières premières utilisées sont prises directement sur place. Un exemple concret qui permet de mieux comprendre cette différence est la production du Parmigiano. Le lait utilisé provient directement d’élevages russes et donc le produit fini ne sera pas le Parmigiano Reggiano, mais un produit qui s’approche de l’original par la qualité et la méthode de fabrication.
D’ailleurs ce n’est pas seulement le Made With Italy qui est exporté en Russie mais aussi la technologie italienne.
Un autre secteur économique italien important qui a bénéficié des zones économiques spéciales adoptées par la Russie est le secteur technologique. La Fédération de Russie a lancé depuis longtemps le projet Skolkovo pour la création d’un grand pôle technologique et de recherche. L’Italie participe activement aux activités du pôle technologique en exportant technologie et innovation. Il convient en effet de rappeler que la collaboration avec la société russe Yandex a conduit à la construction de la première machine à conduite artificielle.
Le dernier domaine dans lequel les deux pays entretiennent des relations économiques privilégiées est celui de l’énergie. L’Eni a en effet renouvelé sa coopération avec Gazprom, pour l’extraction et la production de gaz et de pétrole russe, en contribuant à la mise en production de nouveaux gisements et en assurant à l’Italie la satisfaction de ses besoins énergétiques.
En conclusion, nous pouvons donc dire que malgré le tableau international défavorable à Moscou, les rapports économiques et les échanges commerciaux entre les deux Pays sont fructueux avec l’accroissement de l’export italien en Russie et de celui russe en Italie.