Le dialogue entre la Russie et l’Occident passe aussi par l’Église
La transformation des administrations apostoliques en 4 diocèse qui a eu lieu en 2000 a amélioré progressivement les rapports entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe et a mené à l’engagement dans la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre les deux Églises. La consécration du dialogue s’est ensuite faite avec la rencontre historique à la Havane entre le Pape François et le Patriarche de Moscou et de toute la Russie kirill en février 2016, avec la signature de la Déclaration commune.
Depuis lors, l’anniversaire du 12 février est commémorée chaque année avec la rencontre du cardinal Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, et le métropolite hilarion, chef du Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, de plus, chaque 29 juin, une délégation du Patriarcat de Constantinople se rend au Vatican pour la fête de Saint Pierre et Paul et pour la fête de Saint André apôtre le 30 novembre, avec la délégation du Saint-Siège qui se rend à Istanbul.
Nous pouvons donc affirmer que le Vatican est aujourd’hui le plus grand et le plus efficace médiateur entre les idéologies et entre les anciennes et grandes puissances internationales de l’Occident.
Les relations diplomatiques entre Moscou et le Vatican sont réparties en 2009, année où le nombre de reconnaissances diplomatiques du Saint-Siège a été augmenté, les portant à 178 pays. Pour comprendre l’importance de l’acte, il suffit de revenir en arrière a l’année 1798 quand les liens diplomatiques officiels du Vatican n’étaient que 84. Certes, la Russie d’aujourd’hui, n’est pas la Russie maxiste-léniniste et plus tard stalinienne et l’Église orthodoxe est encore aujourd’hui étroitement liée et enracinée dans le pouvoir politique et malgré la centralisation créée par Vladimir Poutine l’influence de l’église dans les habitudes populaires reste profonde.

En tout cas, les relations sont facilitées par la volonté du Pape François de privilégier le dialogue à la confrontation. Par ailleurs le Pape dans ses rencontres avec le dirigeant russe Poutine, a toujours traité des questions internationales en faisant valoir ses positions sur les thèmes de la paix en Syrie et en Ukraine et de la fraternité entre les peuples.
En effet, que la question syrienne a été soulevée à de nombreuses reprises et que la ligne du Saint-Siège s’est révélée éloignée de la C.I. démocratique, vide et ambigu de l’Occident, anis que la vision du Saint-Siège sur le Moyen-Orient et de sa nouvelle configuration, du statut de Jérusalem et surtout la décadence de l’Occident. On peut donc dire qu’il existe une sorte d’alliance entre la Russie de Poutine et le Vatican pour défendre et retrouver les anciennes valeurs de la foi.
Nous pouvons donc affirmer que si l’UE et les États-Unis continuent à avoir des positions d’opposition vis-à-vis de la Russie et maintiennent des positions divergentes, ils privilégient la confrontation au dialogue, le Vatican se place sur une tout autre ligne en se posant comme médiateur important entre l’Occident et l’Orient, cherchant à résoudre toutes les questions qui sont encore aujourd’hui suspendues.